“Resiliencia / Résilience”

“Resiliencia / Résilience”. Installation. 9m x 6m2 x 3m. Vieux livres sur la colonisation de l’Amérique, fil d’or, aiguille, terre, boue, lumière, chansons. 2019.

Selon Karl Marx, les hommes font leur histoire à partir de l’héritage laissé par leurs ancêtres et qu’ils portent en eux comme un cauchemar. En 1492, l’Amérique fut colonisée. Au cours de cette colonisation, les Amérindiens ont vécu une castration violente de leur identité. On leur a appris que leur langue, leur croyance et leur culture étaient sauvages, tandis que parallèlement on leur en enseignait leur nouvelle culture : celle des hommes civilisés. À partir de ce moment, les Amérindiens ont appris qu’ils étaient inférieurs et ce sentiment d’infériorité s’est transmis de génération en génération. Dans l’installation «Résilience», l’artiste Camila Rodríguez Triana crée un rituel de guérison de cet héritage, rituel dans lequel elle tente de retrouver cette sagesse ancestrale perdue qui, pour elle, habite chaque homme et chaque femme Latino- américain d’une manière inconsciente.

Tout d’abord, l’artiste a transformé des pages de livres sur la colonisation de l’Amérique écrites du point de vue des colons : elle les a peintes avec de la terre et la boue puis a brodé les noms de ses ancêtres avec du fil d’or. Ces noms se décomposent en leurs phonèmes pour passer d’un langage humain à un langage de symboles divins. Une chanson composée par l’artiste accompagne chacun de ces noms : ainsi toutes les fois qu’une chanson résonne «son» nom brodé émet de la lumière. Sur toutes ces pages, il y a un Tunjo, une figure tissée faite par l’artiste en guise d’offrande aux dieux afin de demander la guérison de cet héritage.

 

According to Karl Marx, people make their history from the inheritance their ancestors left. Inheritance which they carry like a nightmare. In 1492 Latin America was colonized. During that colonization the native American people lived a violent castration of their identity. They learned that their language, their religion and their culture were wrong, while they had to learn a new one: that of civilized men. From that moment the native American people learned that they were inferior and that feeling of inferiority has been inherited from generation to generation. In the installation «Résilience» the artist Camila Rodríguez Triana creates a healing ritual for that inheritance, in which she tries to recover that lost ancestral wisdom, that for her lives in every Latin American man or woman in an unconscious way.

First she intervenes several pages of books on the colonization of America written from the point of view of the colonists. She paints them with earth and mud and then embroiders the names of her ancestors with gold threads. These names are decomposing in their phonemes to go from a human language to a language of divine symbols. Likewise, she composes a song for each name. Sixteen songs in total. Every time a song sounds, one of the embroidered names radiates light. In the middle of the installation hangs a Tunjo, a woven figure that the artist made as an offering to the gods to ask for this healing.

 

Remerciements, Acknowledgment, Agradecimientos.

Doris Esperanza Triana, Alberto Rodríguez, Sébastien Cabour, Emma Andreau, Holman Ávarez, Alexis Gras, Pierre Le Lay, Christophe Gregorio, François Bedhomme, Cyprien Quairiat, Julie Machin, Alexis Noël, Gao Bo, Oscar Muñoz, Daniel Dobbels, Madeleine Van Doren, Fredy Sarria Martos, Claire Williams, Heka Films, Locus Espacio Creativo, Estímulos 2018 – Ministerio de Cultura – Colombia.

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