« Please love Party Stills #3 »

Pierre Pauze. « Please love Party Stills #3 », 2019. Fine Art Photo Permajet 240gr/m2, 100 x 56,2 cm. Édition de 5 exemplaires + 2. 2 200 Euros

PIERRE PAUZE.

Diplômé du Fresnoy et des Beaux-Arts de Paris, Pierre Pauze a été révélé auprès du public en 2016 à l’occasion de la 2e édition de l’exposition internationale d’étudiants en école d’art présentée par Artagon à Paris

Depuis, son travail a fait l’objet de nombreuses expositions en France et dans le monde, comme à La Villette, au Musée Es Baluard de Palma à Majorque ou au K Museum of Contemporary Art de Séoul.

En 2019, il fait sensation avec son film et son installation Please Love Party lors de l’exposition “Futures of Love” des Magasins généraux.

En 2020, il est résident de la Cité internationale des arts à Paris et participe à la 12e Biennale de Taipei avec MASS, projet de film et d’installation réalisé en collaboration avec l’artiste cinéaste June Balthazard.

Les films de Pierre Pauze ont été diffusés dans de nombreux festivals et à la télévision, en France et à l’étranger.

Il a reçu plusieurs prix, comme le prix agnès b. en 2016 et le prix ADAGP Révélation art numérique et art vidéo en 2019.

Si initialement Pierre Pauze commence à peindre des images, il souhaite rapidement donner à ces images du mouvement pour raconter des histoires dans une temporalité donnée.

Il s’exprime donc à travers des séquences filmiques plus ou moins longues, toujours inclassables, qui naissent d’une observation du réel et d’une narration fictive. Ainsi, la dimension plastique et la dimension cinématographique sont à la fois omniprésentes et indissociables dans son œuvre.

Dès lors, la présence de ses installations et de ses sculptures dans ses métrages questionne le rôle de la narration dans le statut de l’objet. Et vice versa. Dans cette perspective, l’objet acquiert le statut de relique.

Pour élaborer ses nombreux projets, l’artiste s’entoure de scientifiques, d’artistes et de cinéastes. Ainsi, en reprenant les codes cinématographiques et documentaires, ses œuvres sont de véritables kaléidoscopes conceptuels.

En effet, elles tendent à instaurer un dialogue perpétuel entre différents champs disciplinaires, tels que l’ethnographie, la science, la pseudo-science, la sciencefiction, les cultures populaires, l’underground, le spirituel, les mythes et les croyances, ou encore les jeux-videos.

Depuis 2017, Pierre Pauze s’intéresse aux propriétés vibratoires de l’eau et aux mouvements des ondes sonores et lumineuses.

C’est ce que révèle le projet Please love Party dont sont extraites les deux photographies.

Dans ce projet, il porte son attention sur l’aspect quantique de l’eau dans sa capacité à transmettre des informations.

Véritable polémique scientifique, la théorie de la mémoire de l’eau atteste, par extension, les vertus thérapeutiques des médecines alternatives comme l’homéopathie, très controversée dans le milieu.

L’artiste se pose donc la question suivante : dans quelle mesure, l’impulsion d’un projet artistique permet de réactualiser ces expériences ?

Entre sciences et croyances, Please love Party met en lumière l’électromagnétisme, le codage d’informations vibratoires de l’eau et de sa potentielle influence sur le vivant. Afin de ré-invoquer cette hypothèse, l’artiste aborde le sentiment amoureux du point de vue des ondes et de la chimie.

À l’instar d’un protocole scientifique, le projet Please love Party se déploie en trois phase : la recherche, l’expérience, le résultat.

Dans la première phase, l’artiste développe un philtre d’amour en assemblant des psychotiques surnommés « drogues de l’amour » dans un laboratoire clandestin. À partir des substances d’ocytocine et de phényléthylamine achetées sur le Darknet, l’artiste récupère leurs caractéristiques grâce aux phénomènes d’ondes de l’eau.

Avec le postulat d’une pseudoscience, les drogues acquièrent des propriétés homéopathiques. Après ce passage en laboratoires, la deuxième phase entre en jeu : l’expérience.

Dès lors, le film devient une expérience immersive dans un hangar désaffecté.

Au cœur d’une fête créée de toutes pièces, les danseurs, devenus cobayes, sont invités à boire l’eau altérée afin d’observer leurs comportements. Entre jeux de lumière et son électro, les frontières entre documentaire et fiction deviennent, à ce moment-là, flous.

La troisième phase est la présentation des résultats à un public. Deux installations sont alors présentées aux Magasins Généraux à Pantin.

La première, composée de deux tableaux de néons, reproduit les mouvements moléculaires de l’eau infusée aux psychotropes, à la manière d’un microscope.

Elle fait écho à l’autre installation qui, devenue un QR code, renvoie à une adresse du darknet.

Quant à l’interprétation issue de cette expérience, Pierre Pauze laisse le spectateur libre.

À travers Please love Party, Pierre Pauze nous invite donc à plonger dans un univers hypnotique aux portes d’un underground dystopique. Mêlant différents niveaux de récits, entre sciences et mythes, il nous confronte aux réalités et problématiques du monde actuel, notamment face à une culture conditionnée par Internet.

Marion Caudal Autrice et rédactrice du compte @parlonsart

2 200 

Wishlist Wishlist Wishlist
Catégorie